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  Leurs vues sur Vues
 
 
L’espace-temps de l’information

Les mutations techniques successives dans la transmission de l'information au long du dernier demi-siècle ont, du point de vue de l'usager, deux conséquences et lui adressent deux problèmes à résoudre. L’un est facile à gérer, qui est posé par la masse croissante des informations qui lui parviennent : il suffit d'ignorer à peu près la radio et la télévision, d'ouvrir les journaux avec parcimonie et de zapper avec vigueur. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la liberté d'ignorer peut et doit être exercée. Le second problème ne peut être traité ni par les usagers ni par les informateurs. L'efficacité des transmissions et l'extension de la couverture ont atteint un degré tel que l'on approche du moment où l'on sera informé sur chaque seconde en chaque point du globe. Mais le sens transmis par une information est inversement proportionnel aux dimensions de l'espace-temps qui la contient. Les progrès techniques ont pour conséquence paradoxale et imparable de multiplier et d'affiner l'information, tout en la rendant de plus en plus insignifiante.

La radio, la télévision, les journaux ne peuvent pas se soustraire à cette contrainte. Seuls le peuvent les médias périodiques, car ils bénéficient d'un certain recul. Mais, la périodicité leur impose un formatage prédéterminé de l'espace-temps et, en conséquence, de l'information. Les hebdomadaires, les mensuels, les trimestriels traitent l'information sélectionnée et façonnée à ces échelles de temps et à celles de l'espace correspondant. Or, la bonne santé intellectuelle exige que soient transmises aux usagers les informations les plus riches en information. Le dispositif rationnel inverse le dispositif actuel. C'est la richesse et l'utilité d'une information qui doivent décider des dimensions de l'espace-temps à retenir et ces dimensions, à leur tour, définissent les connaissances à mobiliser pour donner un sens aux informations traitées. La solution du problème exige un outil d'une souplesse extrême, capable de saisir, de traiter et de transmettre des informations de tous formatages. C'est le moyen de se soustraire à la contrainte technique, en la retournant au service des êtres humains, ce qui est sa destination naturelle. Vues se veut une expérience novatrice en ce sens.

Jean Baechler
 

Partir des différences de vues pour aller vers un point de VUES différent (une autre manière de dire e pluribus unum...).

Philippe Jurgensen
 
VOUS AVEZ DIT « VU(ES) » ?

A l’évidence vous avez bien dit « Vues » ! Car il s’agit de voir le dire sous un angle nouveau. Libérer la parole dans un espace d’interdisciplinarité, laisser planer le verbe entre poésie et recherche ou bien alors littérature et politique, sous la seule contrainte qu’impose le savoir vrai, quelque part entre conscience et raison, cela peut valoir la promenade pour tous ceux que guide le bon goût de la liberté. Il devrait en résulter un beau petit inventaire : un joli catalogue comme une vitrine bigarrée , entre Prévert et Don Giovanni, sans oublier la vieille Encyclopédie, où jaillirait une convivialité novatrice, pôle de lumière entre « web » et « blog ». Il est vrai que l’esprit se plaît par nature à vagabonder sans s’accommoder d’espaces réservés ou confinés, il se pose au gré des hasards qui n’ont en somme rien à voir avec ce que l’on nomme hâtivement le progrès, moins encore la technologie, sinon qu’ils sont d’incontournables médiateurs qui situent à leur tour, en termes nouveaux, les notions de résistance et de limite. C’est un peu tout cela que nous voulons voir de plus près dans « Vues » : une galerie des glaces qui s’ouvre sur l’infinie dimension de l’humaine qualité. Notre récompense serait que l’on puisse dire à l’entour : « c’est bien vues ».

Francis Rosenstiel
 

En Vérité, le Vent Vivant de Venet Vire sur Vues, Venez Voir ! Vive Vues !

Bernar Venet
   
   
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